Vent favorable pour Bois-d’Amont

Les citoyens d’Arconciel, Ependes et Senèdes se prononcent le 9 février sur un projet de fusion

Le bureau communal de Bois-d’Amont, si la fusion est acceptée, s’installera sur les terres d’Arconciel.

Haute-Sarine  Un massif forestier pourrait bien donner son nom à une nouvelle commune dans le canton de Fribourg. Le projet de fusion d’Arconciel avec Ependes et Senèdes, qui donnerait naissance à Bois-d’Amont, trouve un écho favorable auprès des citoyens des trois communes. C’est en tout cas ce qui ressort d’une soirée d’information qui a réuni 270 personnes mercredi soir à Ependes.

La votation a lieu le 9 février. Si elle est acceptée, l’union sera effective dès le 1er janvier 2021. La nouvelle commune s’étendra alors sur 1230 hectares, possédera 25 km de routes et totalisera 2400 habitants, «selon une projection optimiste». «Nous nous approcherions du top 10 des plus grandes communes du district de la Sarine, avec une taille avoisinant celle de Hauterive ou de Neyruz. Cette fusion nous assurera une meilleure visibilité en Haute-Sarine», a relevé Dominique Roulin, syndic d’Arconciel.

Déjà des collaborations

Le processus de rapprochement a été lancé il y a deux ans. Les membres du comité de pilotage ont insisté sur les nombreuses collaborations qui lient déjà les trois communes et sur la pertinence de passer au stade supérieur. «Une collaboration intercommunale efficace se veut intéressante, mais une fusion permettrait une meilleure transparence, une plus grande efficacité, une simplification au niveau décisionnel ainsi qu’un meilleur engagement des moyens financiers», a soutenu Nicole Bornet, syndique d’Ependes.

Les citoyens présents mercredi soir n’ont pas remis en question cette vision. Des applaudissements nourris ont même ponctué les interventions des représentants des trois exécutifs communaux.

Si le choix du blason de la nouvelle commune a suscité une petite discussion, un citoyen s’est tout de même demandé s’il ne s’agissait pas d’une «demi-fusion» et s’il ne valait pas mieux attendre un projet d’union englobant l’ensemble du plateau du Mouret. «Il semble que les autres communes n’aient pas du tout ce souhait. Il pourrait s’agir d’une première étape pour aller de l’avant avec un projet plus grand», a répondu Patrick Gendre, vice-syndic d’Arconciel et président du comité de pilotage.

Sur le plan financier, un coefficient d’imposition de 85% a été retenu, soit celui d’Arconciel (Ependes étant à 88%, et Senèdes à 93%). L’endettement de la nouvelle commune s’élèverait à 1856 francs par habitant (sur la base des comptes 2018), alors que la moyenne cantonale atteint 2966 francs. Le projet bénéficierait enfin d’une aide à la fusion de 421 300 francs de la part du canton. «Même en tenant compte des gros investissements déjà prévus par les plans financiers des trois communes, nous aurons une marge pour financer de nouveaux projets communs», a relevé Patrick Gendre, en soulignant cette ­capacité d’investissement renforcée et en insistant également sur la possibilité d’«offrir des services à la population en adéquation avec les besoins de la ­société».

Bureau à Arconciel

Dans l’élaboration du projet de fusion, le choix de la localisation de la future administration a suscité le plus de discussions, a rappelé Patrick Gendre. Le sujet avait même conduit à un blocage, le Conseil communal d’Ependes souhaitant conserver ce service dans son village et y créer un centre fort, alors que les deux autres partenaires avaient formulé comme exigence que le bureau communal soit installé à Arconciel. Finalement, c’est bien cette dernière option qui a été retenue. Le bâtiment abritant aujourd’hui l’administration d’Ependes accueillera principalement des services liés à l’école.

Si le projet passe la rampe le 9 février, des élections auront lieu en novembre pour pourvoir les sept sièges du Conseil communal (trois représentants pour Arconciel et Ependes, un pour Senèdes). Une assemblée communale fera toujours office de législatif, l’idée d’instaurer un Conseil général ayant été pour l’heure écartée.

Un habitant d’Arconciel a finalement suggéré que l’aide cantonale à la fusion serve à la réalisation d’un trottoir reliant Arconciel à Ependes. Quant à savoir, comme le demandait un autre citoyen, si les habitants de la nouvelle commune s’appelleront les Bois-d’Amontais, le comité de pilotage a reconnu qu’il ne s’était pas penché sur la question.

421 300

En francs, l’aide 
à la fusion octroyée 
par le canton

85

En pourcentage, c’est le coefficient d’imposition ­retenu pour la commune fusionnée